A la découverte des civilisations

17 septembre 2018

Les pharaons noirs de l’Egypte antique

Les statues des sept pharaons noirs

     Les statues des sept pharaons noirs 

 

La Nubie, en Afrique de l’Est, a longtemps été dédaignée par les historiens occidentaux. Pourtant, aujourd’hui, des archéologues y exhument l’une des plus grandes et anciennes civilisations que la Terre n’ait jamais portée.

 

Si les plus anciennes traces de civilisation dans la région datant de 5000 ans av.J.C. sont bien égyptiennes,les soudanais ont développé une civilisation très ancienne peu de temps après à l’échelle de l’histoire. La civilisation nubienne, dont les premières traces datant de 3500 av.J.C. a longtemps été liée aux Egyptiens. En effet leurs royaumes respectifs avaient en commun de border le Nil et ils s’y développèrent tout autour profitant des limons qui fertilisaient les cultures. Les relations ont longtemps été faites d’échanges entre les deux civilisations. Les nubiens envoyaient vers l’Egypte de l’or, de l’ivoire, de l’ébène, des encens et des peaux d’animaux tandis que les égyptiens leur vendaient armes et vases. Cependant, en 1450 av.J.C. les pharaons égyptiens de la XVIIIème dynastie décidèrent d’envahir le royaume nubien de Koush. Ils parvinrent à enfoncer les défenses nubiennes et mirent la capitale Kerma à genoux.

 

Une civilisation nubo-égyptienne          

Toutefois, les populations locales réagirent et parvinrent à chasser l’envahisseur. Puis, faisant une coalition avec d’autres royaumes d’Afrique noire, du Kordofan, du Darfour et du pays de Pount, les nubiens entreprirent d’envahir l’Egypte au VIIIème siècle avant J.C.. Cette initiative fut couronnée de succès et créa un royaume unifié entre la Nubie et l’Egypte dominé durant plusieurs décennies par des pharaons originaires de Nubie. Au nombre de sept, ils furent surnommés, en raison de la couleur de leur épiderme, les pharaons noirs de la XXVème dynastie égyptienne. Les égyptiens parvinrent à les chasser en 660 av. J.C. Les nubiens reformèrent alors un royaume en Nubie tout en ayant été très marqués par la culture égyptienne notamment sur le plan religieux et architectural avec la construction de pyramides nubiennes et sur le statut de la femme qui était très important. Il y eut des pharaonnes dans les deux civilisations et certaines reines furent considérées comme les égales des pharaons. Néanmoins les nubiens gardèrent certaines particularités. L’une des plus marquantes par rapport aux égyptiens était qu’ils ne momifiaient pas leurs morts. Il y avait également le fait qu’ils n’utilisaient pas les hiéroglyphes mais l’écriture méroitique.  

 

Des récupérations historiques

 

Bien que la période où les pharaons noirs réussirent à unifier les royaumes égyptiens et nubiens fût somme toute assez courte, elle entraîna de nombreuses récupérations historiques. Le fait qu’il ait pu avoir des pharaons noirs a entrainé beaucoup de passions au niveau historique. Il y eut tout d’abord les égyptiens qui firent tout pour effacer les traces de ces pharaons de l’histoire. La seconde étape fut celle qui vit les archéologues privilégier fortement l’étude du royaume égyptien par rapport à l’étude du royaume nubien alors que ceux-ci étaient très proches et pour ainsi dire similaires au niveau civilisationnel. Aujourd’hui encore cet évènement fait débat. Certains suprématistes noirs s’appuient en effet sur cette période pour étayer leur doctrine. Quoiqu’il en soit, cette période, bien qu’elle ait été à la fois contestée et que l’on ait tenté de l’occulter, fût indéniablement un fait historique.

 

Sources : le point Afrique, le Figaro

 

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14 septembre 2018

L’ère Meiji : le passage du Japon du moyen-âge à une occidentalisation forcée

        L'empereur Mutsuhito

 

Le siècle des lumières japonais, l’ère Meiji, a débuté le 9 novembre 1867 après des siècles d’obscurantisme. Meiji qui signifie « lumière » en japonais est le nom que l'empereur Mutsuhito a choisi pour qualifier son règne et se faire désigner après sa mort.

Durant les années 1600, l’Empire du soleil levant était dirigé par les Tokugawa. Ces derniers exerçaient la fonction de shogun (qui signifie maire du palais) et dirigeaient véritablement le Japon tandis que l’empereur héritier gardait une fonction symbolique et une puissance religieuse. Ces derniers avaient réussi au 15ème et 16ème siècle à unir le Japon et à le sortir des affrontements claniques qui   avaient lieu entre les différents éléments de la classe guerrière, les samouraï et les grands féodaux (nobles) appelés Daimyos. Le grand mérite des shoguns avait été d’avoir réussi à maintenir la paix civile dans l’archipel et d’avoir déplacé la capitale à Edo, la future Tokyo, qui signifie capitale de l’Est. Cependant, les Tokugawa craignaient que les influences étrangères ne remettent en cause leur pouvoir. Ils mirent donc en place une politique d’isolement international stricte appelée Sakoku.

 

Les quatre vaisseaux noirs  de Perry

 

Cette politique d’isolement entraîna un retard technique significatif dû au manque de communication avec le monde extérieur. De plus, c’est avec frayeur que les japonais virent au 19ème  siècle les Occidentaux imposer leur volonté au puissant empire chinois des Qing. Les Japonais vont alors connaître des tensions avec les Américains qui envoient leurs baleiniers pêcher en eaux japonaises, les Russes qui attaquent les îles Sakhaline et Kuriles et les Britanniques qui mettent une pression diplomatique sur les Tokugawa. Le 8 juillet 1853, le commodore Matthew Perry avec ses quatre vapeurs (Mississipi, Plymouth, Saragota et Susquehanna) atteignit le port D’Uraga près de Tokyo. Sa mission était d’obliger les Japonais à s’ouvrir au commerce international. Les Japonais, fidèles à la doctrine du Sakoku, lui enjoignirent  alors de se rendre à Nagasaki, qui était à l’époque le seul port ouvert au commerce avec les étrangers. Perry refusa de s’exécuter et entama un bombardement naval.     

 

Une nouvelle ère japonaise

 

Devant un tel déploiement de force, les Japonais décidèrent de se montrer conciliants. En effet, ils mesurèrent toute l’étendue du retard technologique occasionnée par le Sakoku en se voyant forcé à plier devant quatre bateaux à vapeur. Lorsque Perry revient avec deux fois plus de navires en mars 1854, il se voit autorisé à signer le 31 mars 1854, la convention de Kanagawa. Avec ce traité le Japon ouvre deux nouveaux ports (Shimoda et Hakodate) aux étrangers et envisage d’accueillir un consul américain au Japon. Le processus d’ouverture engagé devient alors irrémédiable. En 15 ans, le Japon va signer plusieurs autres traités et s’ouvrir aux influences étrangères, quittant ainsi l’ère féodale du Sakoku. Même si les autorités shogunales s’accrocheront au passé, les derniers Samouraï refusant coûte que coûte l’occidentalisation du Japon mourront pour l’honneur le 24 septembre 1877 sachant qu’ils n’avaient aucune chance de remporter la victoire lors de la bataille de Shiroyama. Plus rien ne freinera ensuite l’occidentalisation du Japon qui deviendra la première puissance industrielle non-occidentale.

 

Sources : L’ère des lumières Joseph Savès, Histoire pour tous

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11 septembre 2018

Les Hittites : Grands rivaux de l’Egypte antique

Art-Hittite

                    Oeuvre d'art Hittite

Peuple ancien de l’Anatolie centrale (Turquie actuelle), les hittites ont étés les grands rivaux, avec les Assyriens, de l’empire Egyptien du XIXème au XIIème siècle avant Jésus Christ. Leur objectif, étendre leur domination sur l’ensemble du Proche-Orient.

 

Le royaume hittite s’est formé au départ de la fusion de peuples indigènes établis sur le plateau anatolien et de nouveaux venus de langue indo-européenne, dont l’origine et la date d’arrivée en Anatolie centrale restent inconnues. Quoiqu’il en soit les peuples indo-européens adoptèrent la civilisation de leurs hôtes et devinrent le peuple des Hittites ou Hatti. On en trouve pour la première fois trace dans les «  tablettes de Cappadoce » qui sont des archives des marchands assyriens (autre empire du Proche-Orient) qui se sont installés en Anatolie centrale à la fin du XXème s. avant J.C. A ce moment-là, il s’agit encore de cités-Etats comme en Grèce antique. C’est-à-dire qu’il n’y a pas d’unité dans le royaume, chaque ville à sa propre armée et sa zone d’influence. Il faut également savoir que leur langue, le nésite qui émergea à cette époque est la plus ancienne langue indo-européenne attestée historiquement.

 

L’ancien royaume : la naissance de la puissance hittite

 

C’est seulement trois siècles plus tard sous l’égide d’Huzzia 1er et Labarna 1er que les différentes citées états furent unifiées en un seul et unique royaume Hittite. Cette période qui dura de 1700 avant J.C à 1530 avant J.C. fût appelée ancien empire. Le souverain le plus marquant de cette période fût Hattusili 1er. C’est lui qui, conquérant l’Arzawa (royaume de l’Est de la Turquie), les plaines d’adana (grande cité à l’époque, aujourd’hui 4ème ville de la Turquie), plusieurs villes sur l’Euphrate (fleuve Irakien) et en menant maintes incursions en Syrie fit du royaume Hittite un premier empire. Au niveau administratif, c’est également sous le règne de ce souverain que l’on a eu pour la première fois une édition d’un code de lois dans l’antiquité, les lois étant avant cela transmises uniquement par voie orale. Leur forme d’écriture, alors que les Egyptiens utilisaient les hiéroglyphes, était l’écriture cunéiforme. Cette écriture a été la première de l’histoire de l’humanité et est née en 3400 av J.C. en Basse Mésopotamie (Irak actuel) avant de s’étendre au Proche-Orient. Après Hattusili 1er, son successeur Mursili 1er à détruit Alep le centre du royaume Syrien. L’apogée des incursions guerrières de l’ancien empire eurent lieu en 1595 avant J.C. lorsque Mursili 1er lança un raid consistant à piller Babylone. L’assassinat de Mursili entraîna une période sombre où les rois et les usurpateurs se succédèrent sans parvenir à stabiliser le royaume entrainant même la perte de l’Arzawa. 

 

Le moyen royaume et début du nouvel empire: une période agitée

 

Après la mort de Mursili une longue période d’instabilité dura de 1585 à 1550 av J.C.. Elle prît fin avec l’avènement du roi Télipinu qui après avoir éliminé son beau-frêre Huzziya II réussit à stabiliser la situation. Commença alors une période appelée moyen royaume qui dura de 1530 à 1340 av J.C. Cette période a principalement été marquée par deux usurpations, celle de Tahurwaili I et celle de Muwatalli I. En 1465 av J.C., une « révolution dynastique » accompagnée de troubles graves comprenant notamment une guerre civile et une invasion étrangère secouèrent le pays. A cette époque, qui marque le début du nouvel empire, Tuthaliya I est monté sur le trône après l’assassinat de Muwatalli. Le royaume Hittite est alors sous l’influence des  Hourrites peuple issu des régions orientales de l’Asie mineure qui s’est établi durant la seconde moitié du XVIème siècle avant J.C. en Haute Mésopotamie (Irak actuel). Pour contrer cette menace, Tuthaliya I et son fils Hattusili II vont s’allier au pharaon Egyptien Thutmosis III. Fort de cette alliance, ils iront jusqu’à détruire Alep. Toutefois, en 1419 av J.C. la situation va se retourner avec la réconciliation entre les pharaons et les souverains hourrites. Bloqué dans leur expansion vers l’est, les hittites vont se retourner vers l’ouest pour tenter de reprendre l’arzawa et contenir l’expansion des Grecs mycéniens installés depuis peu sur la côte occidentale de la péninsule.

 

Le nouvel empire : apogée de la puissance Hittite et rivalité avec l’Egypte

 

S’étendant de 1350 à 1240 av J.C., la période du nouvel empire a été marquée par un roi important, Suppiluliuma qui a réussi à la fois à pacifier le royaume hittite en matant les révoltes de l’intérieur mais également à relancer la politique de conquêtes et d’expansion en soumettant la Syrie du Nord et en installant ses fils à Karkemis (rive droite de l’Euphrate) et à Alep (Syrie actuelle). Le royaume Hittite est alors au summum de sa puissance. En Egypte, la veuve de Toutankhamon, Ankhesenamon demande même à Suppiluliuma un de ses fils pour en faire le nouveau pharaon. Après maintes hésitations, le roi accepte d’envoyer son fils Zannanza à la reine mais celui-ci est assassiné en chemin. Suppiluliuma déclare alors la guerre à l’Egypte. Cette guerre durera de 1325 à 1259 av. J.C. Ayant de prime abord l’initiative, les hittites vont ensuite subir la pression Egyptienne qui va pousser les vassaux du royaume hittite à se soulever contre leur roi. Le point culminant de cet affrontement se situera en 1274 av J.C. avec la bataille de Qadès qui opposera le célèbre pharaon Ramsès II à Muwattalli II. Cette bataille sera la première de l’histoire pour laquelle on retrouvera des écrits. Malheureusement il n’y aura des écrits que du côté Egyptien. Ces derniers revendiquent la victoire lors de cette bataille alors que l’expansion territoriale faisant suite à cet affrontement sera hittite. Le frêre de Muwattalli II, Hattusili III finira par conclure un traité de paix et d’alliance avec Ramsès en 1258 av J.C.. Le règne de Suppiluliyama II qui commence en 1240 av J.C.  s‘annonce alors sous les meilleurs hospices. Selon les documents retrouvés à Ugarit (Syrie),  le début du règne est relativement calme et prospère et la paix est maintenue avec l’Egypte. Toutefois le royaume Hittite s’effondrera brutalement cinquante-cinq ans plus tard dans des circonstances qui restent énigmatiques. D’après les rares écrits retrouvés, cette extinction faisait suite à l’irruption de nouveaux venus qu’ils appelaient les « peuples de la mer ». On retrouve également trace de la présence de ces peuples dans les écrits Egyptiens.

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