Les statues des sept pharaons noirs

     Les statues des sept pharaons noirs 

 

La Nubie, en Afrique de l’Est, a longtemps été dédaignée par les historiens occidentaux. Pourtant, aujourd’hui, des archéologues y exhument l’une des plus grandes et anciennes civilisations que la Terre n’ait jamais portée.

 

Si les plus anciennes traces de civilisation dans la région datant de 5000 ans av.J.C. sont bien égyptiennes,les soudanais ont développé une civilisation très ancienne peu de temps après à l’échelle de l’histoire. La civilisation nubienne, dont les premières traces datant de 3500 av.J.C. a longtemps été liée aux Egyptiens. En effet leurs royaumes respectifs avaient en commun de border le Nil et ils s’y développèrent tout autour profitant des limons qui fertilisaient les cultures. Les relations ont longtemps été faites d’échanges entre les deux civilisations. Les nubiens envoyaient vers l’Egypte de l’or, de l’ivoire, de l’ébène, des encens et des peaux d’animaux tandis que les égyptiens leur vendaient armes et vases. Cependant, en 1450 av.J.C. les pharaons égyptiens de la XVIIIème dynastie décidèrent d’envahir le royaume nubien de Koush. Ils parvinrent à enfoncer les défenses nubiennes et mirent la capitale Kerma à genoux.

 

Une civilisation nubo-égyptienne          

Toutefois, les populations locales réagirent et parvinrent à chasser l’envahisseur. Puis, faisant une coalition avec d’autres royaumes d’Afrique noire, du Kordofan, du Darfour et du pays de Pount, les nubiens entreprirent d’envahir l’Egypte au VIIIème siècle avant J.C.. Cette initiative fut couronnée de succès et créa un royaume unifié entre la Nubie et l’Egypte dominé durant plusieurs décennies par des pharaons originaires de Nubie. Au nombre de sept, ils furent surnommés, en raison de la couleur de leur épiderme, les pharaons noirs de la XXVème dynastie égyptienne. Les égyptiens parvinrent à les chasser en 660 av. J.C. Les nubiens reformèrent alors un royaume en Nubie tout en ayant été très marqués par la culture égyptienne notamment sur le plan religieux et architectural avec la construction de pyramides nubiennes et sur le statut de la femme qui était très important. Il y eut des pharaonnes dans les deux civilisations et certaines reines furent considérées comme les égales des pharaons. Néanmoins les nubiens gardèrent certaines particularités. L’une des plus marquantes par rapport aux égyptiens était qu’ils ne momifiaient pas leurs morts. Il y avait également le fait qu’ils n’utilisaient pas les hiéroglyphes mais l’écriture méroitique.  

 

Des récupérations historiques

 

Bien que la période où les pharaons noirs réussirent à unifier les royaumes égyptiens et nubiens fût somme toute assez courte, elle entraîna de nombreuses récupérations historiques. Le fait qu’il ait pu avoir des pharaons noirs a entrainé beaucoup de passions au niveau historique. Il y eut tout d’abord les égyptiens qui firent tout pour effacer les traces de ces pharaons de l’histoire. La seconde étape fut celle qui vit les archéologues privilégier fortement l’étude du royaume égyptien par rapport à l’étude du royaume nubien alors que ceux-ci étaient très proches et pour ainsi dire similaires au niveau civilisationnel. Aujourd’hui encore cet évènement fait débat. Certains suprématistes noirs s’appuient en effet sur cette période pour étayer leur doctrine. Quoiqu’il en soit, cette période, bien qu’elle ait été à la fois contestée et que l’on ait tenté de l’occulter, fût indéniablement un fait historique.

 

Sources : le point Afrique, le Figaro